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Jean-Jacques Rousseau est né le 28 juin 1712 à Genève. Sa mère étant morte à sa naissance, il est élevé par son père, un modeste horloger, auprès de qui il goûte au plaisir de la lecture. Ainsi, il découvre les romans avant de s'intéresser à des auteurs tels que Plutarque, Ovide, Molière ou La Bruyère...
A l'âge de dix ans, il est confié à son oncle par son père qui doit quitter Genève hâtivement. Envoyé en pension chez un pasteur, puis à nouveau recueilli par son oncle, il est ensuite mis en apprentissage chez un greffier puis chez un graveur. Le métier de graveur lui plaît mais il vit mal la soumission à son maître et ce qu'il considère comme une régression sociale et intellectuelle. A cette époque, la lecture lui apporte du réconfort, elle est son seul moyen d'évasion jusqu'à de fameux jour de 1728 où, âgé de seize ans, il trouve les portes de Genève fermées et décide de s'enfuir.
Après quelques jours d'errance, Jean-Jacques Rousseau trouve refuge chez un curé savoyard qui l'envoie à Annecy, auprès de Françoise-Louise de Warens, qui est chargée de convertir les protestants au catholicisme. Lors de leur rencontre, le jeune Jean-Jacques tombe sous le charme de cette femme de treize ans son aînée. Celle dernière devient sa protectrice et l'envoie à Turin, où l'Hospice des Catéchumènes se charge de sa conversion à la religion catholique.
De nouveau livré à lui-même après son baptême, il reste à Turin plus d'une année, qu'il occupe d'abord à vagabonder, avant d'être au service d'une marchande puis d'un grand seigneur. Alors que ce dernier semble vouloir le préparer à une carrière de diplomate, Rousseau décide de rentrer à Genève lorsqu'il retrouve un ancien camarade d'apprentissage. En septembre 1729, il traverse les Alpes avec celui-ci mais décide de le quitter à Annecy pour retrouver Madame de Warens.
Rousseau s'installe chez Madame de Warens et, dès les premiers moments, une relation filiale se crée entre eux. A cette époque, "Petit" et "Maman", comme ils se surnomment, partagent un quotidien tranquille qui laisse à Jean-Jacques Rousseau le temps de lire et de prendre des cours de musique. Madame de Warens le pousse à entrer au séminaire pour devenir prêtre, mais il s'ennuie, se fait très vite renvoyer et décide alors de se consacrer à l'étude de la musique.
Séparé un temps de Madame de Warens qui part à Paris, Rousseau mène une vie de bohème, voyageant de ville en ville, et commençant à vivre de leçons de musique. Alors qu'il arrive à Paris dans l'idée de rentrer au service militaire, la capitale lui déplaît à tel point qu'il retourne en Savoie dans l'espoir de retrouver Madame de Warens. C'est à Chambéry qu'il la rejoint.
En 1731, Rousseau s'installe à Chambéry auprès de Madame de Warens, dans un petit appartement du centre ville. Celle-ci lui trouve un emploi au cadastre mais Rousseau trouve ce travail très ennuyeux et le quitte après quelques mois. Il commence alors à donner des leçons de musique aux jeunes filles de la bonne société chambérienne, auprès desquelles il remporte un grand succès. Il se croit alors destiné à une carrière de musicien et commence à étudier des ouvrages théoriques sur la musique.
En 1733, sa relation avec Madame de Warens change lorsque cette dernière décide de "l'arracher aux périls de sa jeunesse" et lui fait découvrir l'amour. Auprès d'elle, Rousseau connaît le bonheur, tout particulièrement lorsqu'ils séjournent aux Charmettes. Madame de Warens loue la maison des Charmettes pour la première fois à la fin de l'été 1735. Cette maison de campagne correspond au cadre de vie naturel dont Rousseau a besoin étant donné sa santé fragile. Il s'y adonne à de nombreuses activités en plus de la pratique de la musique, lecture, physique, chimie, astronomie, promenades, qui participent à la formation de son caractère et de sa future pensée d'écrivain.
En 1741, Rousseau passe un an à Lyon en tant que précepteur mais, s'apercevant qu'il n'est pas pédagogue, il retourne aux Charmettes où il travaille à la création d'un système de notation musicale. En 1742, il part pour Paris dans l'intention de présenter ce projet à l'Académie des sciences. Ce dernier est un échec mais Rousseau réussit à intégrer les plus importants salons parisiens grâce à ses nouvelles relations. Celles-ci lui permettent de trouver un emploi de secrétaire à l'ambassade de France à Venise avant qu'il décide de se consacrer à l'écriture d'opéras. Découragé face aux échecs successifs de ces derniers, il se tourne vers un emploi de secrétaire.
Pendant cette période tourmentée d'un point de vue professionnel, Rousseau trouve du réconfort dans une liaison qu'il commence avec Thérèse Levasseur, une lingère, avec qui il restera jusqu'à sa mort. Il se lie également avec de nombreux savants et lettrés parisiens, notamment Diderot qui lui demande en 1749 de participer à son projet d'Encyclopédie, en rédigeant les articles concernant la musique.
C'est en 1750 que Rousseau entre dans le monde de la littérature avec son Discours sur les sciences et les arts pour laquelle il remporte le prix de l'Académie de Dijon et qui est publiée en 1751. Devenu célèbre, Rousseau décide de ne jamais dépendre d'un protecteur et commence à vivre de la copie de partitions de musique.
Son succès littéraire ne lui fait pas oublier la musique. En 1752, il compose son opéra le plus célèbre, Le devin du village, qui est représenté devant le roi Louis XV la même année. Il prend aussi part à la « Querelle des bouffons », défendant la simplicité de la musique française contre la savante musique italienne.
En 1755, son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes est publié, la dédicace de ce discours est datée de Chambéry. Dans cette œuvre, se trouvent déjà les idées fondamentales de la pensée de Rousseau.
Ses relations avec les philosophes parisiens s'étant émoussées et sa liberté d'expression lui apparaissant compromise dans sa ville natale de Genève, Jean-Jacques Rousseau part s'installer à Montmorency. Heureux de vivre à nouveau à la campagne, il entre toutefois dans une période de doutes quant à sa vie personnelle et sentimentale.
En 1757, il s'éprend de Sophie d'Houdetot, mais bien que leur relation soit intense, son amour n'est pas partagé. Il voit en elle Julie, le personnage principale du roman qu'il rédige à cette époque, La nouvelle Héloïse. Après l'éloignement de Sophie, l'ébruitement de leur intimité par Diderot met fin à leur amitié. Suite à cette dispute, Rousseau publie Lettre à d'Alembert sur les spectacles qui entraîne la rupture définitive de ses relations avec les Encyclopédistes.
Commence alors une période très prolifique pour la plume de Jean-Jacques Rousseau. Il achève Julie ou La Nouvelle Héloïse qui connaît un immense succès auprès du grand public lorsque le roman est publié en 1761. Parallèlement à ce dernier, Rousseau écrit l'Emile, un traité d'éducation qui fait notamment l'éloge d'une religion naturelle ; et le Contrat social, un ouvrage de philosophie politique dans lequel il critique la société telle qu'elle est dans le système monarchique en défendant la liberté et la souveraineté du peuple.
Ces deux ouvrages sont publiés en 1762 et très vite condamnés, d'abord à Paris puis à Genève où ils sont brûlés le 19 juin de cette même année. Rousseau doit fuir pour éviter sa condamnation et, toujours rattrapé par les accusations, il finit par trouver refuge à Môtiers.
Rousseau tente de répondre aux condamnations dont ses écrits sont l'objet dans Lettres écrites de la montagne. Celles-ci déchainent les passions à Genève, Jean-Jacques Rousseau rendu responsable des troubles décide alors de ne plus intervenir dans la vie genevoise. Voltaire répond en publiant un texte dans lequel il critique très violemment Rousseau, allant même jusqu'à l‘attaquer sur sa vie privée, et plus particulièrement sur l'abandon des cinq enfants que ce dernier a eu avec Thérèse Levasseur.
Les incivilités dont Rousseau est victime se multiplient jusqu'à ce qu'une agression violente le pousse à fuir à nouveau en 1765. Il se réfugie sur l'île de Saint Pierre où il mène une vie tranquille. Il termine le Projet de constitution pour la Corse qu'on lui a commandé et s'adonne à la botanique à laquelle il a pris goût lorsqu'il vivait à Môtiers. Mais, quelques semaines plus tard, il reçoit un ordre d'expulsion et doit fuir à nouveau.
Rousseau quitte la France en janvier 1766 pour s'installer à Londres grâce au secours de David Hume. Il continue la rédaction de ses Confessions qu'il a débuté en 1764. Mais ses relations avec Hume se dégradent, Rousseau le soupçonnant d'être lié à ses ennemis. Un scandale éclate et un complot visant à le discréditer se forme entre Hume, Voltaire et d'Alembert.
Après avoir subi un an de critiques acerbes, Rousseau regagne la France en 1767. Il passe alors une année sous la protection du prince de Conti, sous une fausse identité. Mais, traumatisé par les persécutions dont il a été victime, il vit dans l'angoisse permanente d'un complot. Pendant cette année, il poursuit la rédaction des Confessions et s'intéresse à la botanique.
Rousseau retrouve un peu de sa liberté en 1768 lorsque le prince de Conti le laisse partir pour Lyon. Ne pouvant y rester, il s'installe à Bourgoin avec Thérèse Levasseur qu'il vient d'épouser, puis dans les environs à Monquin, où il rédige la seconde partie des Confessions. Il décide alors de reprendre son identité et de retourner à Paris pour défendre sa mémoire.
A Paris, il lit des passages des Confessions, qui sont maintenant terminées, dans les plus grands salons parisiens. Mais ses lectures publiques sont interdites en 1771 et Rousseau se consacre alors à la rédaction des Considérations sur le gouvernement de Pologne. Il s'adonne ensuite à sa passion pour la botanique, il herborise et rédige un Dictionnaire d'usage des termes en botanique.
Entre 1772 et 1776, Jean-Jacques Rousseau a écrit les dialogues de Rousseau juge de Jean-Jacques Rousseau dans lesquels il justifie ses choix personnels et ses idées philosophiques. Il veut les déposer sur l'autel de Notre Dame mais lorsqu'il se présente les portes sont fermées. Il renonce alors à toute justification.
A la mort du prince de Conti en 1776, Rousseau perd son seul appui. Se sentant seul mais délivré de toute inquiétude, il écrit sa dernière œuvre Les rêveries du promeneur solitaire. Des problèmes financiers le pousse à chercher l'hospitalité qu'il trouve chez le marquis René-Louis de Girardin à Ermenonville. Il y mène une vie tranquille l'espace de quelques semaines avant de s'éteindre, victime d'apoplexie le 2 juillet 1778. Les Confessions et les Rêveries seront publiées après sa mort.